CURRENT
LIFT Asia 08
Program
Register
한국어
ARCHIVES
LIFT Talks
Speakers
LIFT Experience
 
ABOUT
LIFT Concept
Partners
Press
News  
 
WELCOME
Login
Open a LIFT account

Lift Asia 08

  • Program
  • Lift Experience
  • Get involved
  • Register
  • Practical Info
  • Participants
  • Partners
  • 한국어

Latest news

  • Lift Asia in Korean media
  • Speaker change: Ilpyo Hong replaces Wonsun Park
  • New speaker: Chang Kim
  • Want to present your start-up?
  • More partners joining Lift Asia 08
  • New Lift experience installation: "Lonely C"
  • New partner: Hankyoreh
  • Swiss lunch menu
  • Open afternoon update: 3 spots still up for grab
  • The view

More news:
All | Announcements | Stories

Home

CINUM: interview de Nicolas Nova (LIFT)

April 15, 2008 - 19:08 — Nicolas Nova
Media name:
CINUM
Coverage date:
15 Apr 2008

Avant de décrire vos capacités d'action et vos initiatives, individuelles autant que collectives, nous aimerions que vous puissiez témoigner de ce que vous
inspire cette idée clé pour CINUM 2007 de « maximiser la capacité que nous avons de forger notre propre avenir » ? En accordant une attention particulière au
rôle des technologies, considérées comme des moyens d'élargir ces capacités d'action et de choix, ou au contraire comme des contraintes et des impositions
de logiques extérieures à l'humain.

1- Dans votre propre travail, votre action, comment interprétez-vous cette idée et éventuellement comment la mettez vous en pratique ?

Cette idée me paraît constituer la base de mon métier de chercheur et de prospectiviste (à la fois dans une structure universitaire et dans une société privée). Elle renvoit tout simplement au fait que nous soyons "force d'actions et de propositions" dans le futur. Même si une grand part de mon travail consiste à analyser, observer, experimenter et faire ressortir des signaux passés, présents ou à venir, je garde en tête le fait que nous sommes créateur de notre propre avenir.
La raison principale se résume dans cette citation de l'inventeur américain Charles Kettering que j'affectionne tout particulièrement “my interest is in the future because I’m going to spend the rest of my life there” ("mon intérêt pour le futur vient du fait que c'est là que je vais vivre le restant de mes jours"). Ainsi, il ne s'agit donc pas juste d'être observateur, découvreur de signaux, tendances, évolutions ou ruptures mais bel et bien de participer à ce cheminement.

Une fois que l'on a dit cela, on peut ensuite se demander comment "forger". Dans mon cas, je vois trois manières de mettre cela en pratique. La première consiste dans mon travail de chercheur en la conception d'applications, de scénarios ou de systèmes basés sur l'observation de tendances, de signaux faibles ou suscités par un désir d'avenir. Le but étant alors de créer (en groupe, cela se fait rarement tout seul) et de comprendre les implications, les usages et certains effets potentiels.
Bien entendu, ceci ne veut pas dire que nous ayons des certitudes sur ce qui est réalisé : il s'agit plutôt de dégager des pistes et des prémisses. La seconde manière consiste pour moi à susciter des rencontres riches, c'est pour cela que je participe à l'organisation de conférences telles que LIFT ou à des workshops réunissant des individus aux profils variés (chercheurs de différents domaines, think tanks, designers, régulateurs) pour discuter de ces implications et éventuellement "constuire" ensemble ces futurs possibles. Enfin, le dernier axe que j'ai en tête est proche de ce que je viens de décrire : j'aime ne pas seulement rester dans la recherche mais aussi travailler avec d'autres types d'"acteurs" (sociétés privés, association de la société civile, prendre part à des clusters...) afin de confronter ces visions à celles d'autres réalités.

2- Si vous regardez 10 ans en arrière, avez-vous la sensation que nous avons aujourd'hui, collectivement, plus, ou moins, la capacité d'influencer notre propre avenir ?

Oui et ce majoritairement car nous avons accès à des technologies de "découverte de l'autre": internet, le téléphone portable, les systèmes de transports sont facilitateurs de rencontres. Et cela, en premier lieu, permet de découvrir le monde et ce qui s'y passe, de savoir qui fait quoi et qui s'intéresse à quoi. L'accès aux médias permet la création d'une infosphère planétaire (pas très éloignée de la noosphère chère à Teilhard de Chardin) qui nous fait baigner dans un bain multiculturel vaste et divers, pour autant que l'on y ait accès (j'y reviendrais ensuite).

Les technologies sont un moyen de découverte de l'autre mais aussi un mode de mise en relation : tout le discours autour des blogs et de certains "social software" concerne cette dimension. Ces outils facilitent la rencontre entre personnes ayant des intérêts communs et finalement la constitution de collectifs plus ou moins cohérents et réunis qui agissent et militent dans une certaine direction. La contrepartie étant le fait que cela pousse à prêcher pour sa propre tribu. Je nuancerais cependant ce problème par le fait qu'il est contrebalancé par la facilité que l'on a d'être au courant de ce qui se passe ailleurs. Il ne s'agit donc pas juste d'être au courant et au contact de nos semblables mais aussi de se confronter à l'alterité. Par exemple, si l'on regarde les blogs politiques, il y a beaucoup de renvois et de liens entre parti politiques s'opposant; même si cela ne veut pas dire que ces "camps" atteignent un consensus ou soient d'accord, ceux-ci sont au courant de ce qui se passe aileurs (souvent bien plus que dans la presse papier d'ailleurs).

2.1- Dans quels domaines et/ou en raison de quels changements majeurs, avons nous selon vous, plus, ou moins, la capacité d'influencer notre avenir collectif ?

Cette problématique s'articule selon moi tout particulièrement aux domaines des loisirs et du militantisme, et curieusement moins dans le monde du travail qui est plus conservateur. Même si il y a des expériences intéressantes dans ce domaine, je dirais que quantitativement la richesse de ce qui se passe dans le domaine du militantisme dans certains pays démocratiques et non-démocratiques est pertinente à cet égard.

Aux USA ou en France, c'est peut être aussi la crise du modèle de société représentatif qui est un moteur de changement. Ce qu'on appelle la "soft governance" est une tendance importante en cours de formation : la société civile se constitue en collectifs et groupes divers défendant des intérêts multiformes (géographiques, de consommation, ethniques, contre certaines pratiques etc.) afin d'influer sur le politique. Et dans le cas présent, il ne s'agit pas juste de technologies : la mise en place de structures (associations, groupes de pression, lobby, think tanks, groupes d'activistes), d'évènements (forums sociaux par exemple) sont tout aussi pertinents que les usages des technologies de l'information et de la communication (sites de renseignements, de mise en relation, etc). Le défi en cours consiste à trouver l'articulation entre ce modèle de société participatif et le modèle actuel représentatif qui est le paradigme prépondérant dans la plupart des démocaties.

3- En conservant ce regard rétrospectif, 10 ans en arrière, avez-vous la sensation que nous avons aujourd'hui, individuellement, plus, ou moins, la capacité d'influencer notre propre avenir ?

Oui je le pense. J'ai parlé dans la réponse précédente des technologies qui permettaient d'être au courant de ce qui se passe ailleurs, dans d'autres cercles culturels, dans d'autres régions du monde. Un deuxième aspect important et complémentaire est également la facilité avec laquelle certaines technologies permettent de "contribuer" et de passer à l'action. Et ce, dans divers domaines, que ce soit la création de contenus, l'art ou la conception d'objets. Cette tendance se traduit par une facilité accrue d'accèder aux moyens de productions pour autant que l'on ait l'éducation ou la culture pour utiliser ses outils.

Certains parlaient de "pro/amateur revolution". Sans aller jusqu'au terme révolution, on sent tout de même une tendance qui amène des individus à accéder aux moyens de contribuer. Cela se traduit aussi par des projets de recherche tels que les "fab labs" qui proposent de développer des systèmes de création d'artefacts ou encore ce que propose Amazon avec son "Mechanical Turk" qui se base sur des actions simples réalisées par des individus et qui sont rémunérées par micropaiement. Ces signaux témoignent d'une prise en compte des individus (et des petits groupes) dans les processus du production.
Je trouve à cet égard que le "grid computing" propose un paradigme sociétal intéressant dans lequel chacun est contributeur, et parfois même malgré soi. Il s'agit d'un modèle innovant en informatique qui propose de distribuer les données et les ressources de calcul sur les machines de chacun. Transposé à la société, cela se traduit par un modèle dans lequel chaque individu peut être potentiellement intervenant.

3.1- Dans quels domaines et/ou en raison de quels changements majeurs, avons nous selon vous, plus, ou moins, la capacité d'influencer notre avenir individuel ?
Personnellement je pense que c'est justement en facilitant l'orientation de l'individu vers le collectif que c'est possible. Que ce soit par la lecture dans le passé ou par les technologies Web, c'est toujours la même force qui est en oeuvre : montrer à l'individu que certaines envies ou manières de vivre existent (différentes ou non de celles que l'on affectionne ou promeut), que d'autres personnes soutiennent ces pratiques et que in fine il soit possible d'agir ensemble pour promouvoir un but. Finallement, il s'agit de faciliter les choix de l'individu en lui montrant les différentes possiblités, en le confrontant à d'autres.

Cette possibilité pour l'individu de rejoindre les "autres", le collectif, est néanmoins limitée par divers facteurs que les technologies seules ne peuvent pas combler. Cette capacité n'est permise que pour ceux qui en ont les moyens économiques, culturels, éducatifs. Parfois, c'est tout simplement de ne pas en avoir l'envie, et dans ce cas il ne s'agit pas juste de "fracture numérique".
Projetons nous maintenant 20 ans en avant, en 2025-2030. Pensez à vos enfants ou aux enfants que vous connaissez bien et à leurs capacités de forger
leur propre avenir.

4- Supposez que vous rencontrez un oracle détenant toutes les réponses concernant l'avenir. Quelles sont les 3 questions que vous aimeriez poser à cet oracle, afin d'entrevoir les choix ou les possibilités que vos enfants, lorsqu'ils seront plus grands, pourront mobiliser pour construire leur propre avenir ?

1) Quelle sera, dans cet horizon temporel, la répartition du pouvoir dans le monde ? C'est à dire, y aura-t-il une idéologie ou une force dominante (en termes militaire, culturel, économique ou religieux) ? 2) Quelles seront les crises majeures auxquelles le monde aura à faire face d'ici 2025 ? De quels ordres et amplitudes seront-elles ? 3) Qu'est-ce qui fera qu'un groupe humain sera à même de se sortir des crises et de vivre ensemble en harmonie ?

5- Supposez maintenant que vous êtes cet oracle, que vous connaissez l'avenir et que l’on vous pose ces 3 mêmes questions. Quelles réponses donneriez-vous à chacune d'entre elles ?

1) Un monde résolument multipolaire tant au point de vue militaire, économique et culturel dans lequel le religieux sera plus ou moins accentué (suivant les continents) avec des modèles de sociétés alternatifs plus aboutis qu'aujourd'hui mais encore en germination. D'un point de vue militaire, les Etats-Unis seront rejoints par la Russie et la Chine. En termes culturels, les continents important resteront l'Europe (culture axée sur la qualité de vie, tourisme, tendance à se muséifier), l'Amérique du Nord (culture plus commerciale et formatée avec cependant une forte "scène" indépendante) et l'Asie. Le modèle économique capitaliste restera dominant mais modifié du fait que la majorité des biens de consommations de basse qualité seront produits en Asie, avec une remise en question de la propriété intellectuelle (copie aussi bien du numérique que des objets physiques). A côté de cela, des modèles de sociétés alternatifs et en devenir seront en cours de développement.

2) Une succession de crises écologiques de plus en plus violentes et touchant l'ensemble de la planète et une raréfaction des ressources naturelles provoqueront tant des mouvements de population que des crises militaires (défense de territoires, accès aux ressources naturelles et énergétiques). Le tout rendra l'économie plus fragile et volatile.

3) D'une part, ceux qui s'en sortiront seront ceux vivant dans les régions moins sujettes aux crises écologiques et militaires (Europe, surtout au Nord, Canada par exemple). D'autre part, les sociétés qui survivront le mieux seront celles qui auront su s'enrichir de la confrontation aux autres (par exemple de l'afflux de nouvelles populations) et de la compréhension de ce que l'alliance entre des modes de vie différents peuvent cohabiter pour autant qu'ils respectent l'autre et l'environnement.

6- Sur cette base, quelles seraient selon vous les décisions les plus importantes à prendre dès aujourd'hui ?

D'une part, il me semble que le champs dans lequel investir est plus que jamais l'éducation. Pas forcément en termes quantitatifs de budgets mais plus dans une prise en compte du monde tel qu'il est: c'est à dire en changement, en évolution, dans lequel les savoirs sont en mouvement. Je pense également à un modèle de développement dans lequel chacun peut se confronter à l'altérité, à comprendre et accepter le changement, cela me parait primordial. Même si cela correspond à un discours libéral avec lequel je ne suis pas toujours en phase, l'éducation devrait pousser les idées de responsabilité individuelle et collective. Il ne s'agit pas de dire que chacun doit porter le fardeau du collectif mais plutôt de faire comprendre que le vivre ensemble est la responsabilité de chacun. En termes de choix, cela se traduit par la promotion de comportements moins paternalistes et interventionnistes de la part de certains états.

D'autre part, à une échelle plus macro, les changements à venir requièrent la mise en place de solutions pour éviter ces crises décrites plus haut, des instances internationales de discussion et non de confrontation ayant un pouvoir plus élargi, tenant compte des différentes composantes du monde mais ayant la force de faire des choix fermes. Et ce, notamment en termes écologiques.

Nicolas Nova - LIFTlab


Link:
http://www.openfing.org/wikicinum/index.php/Nicolas_Nova
  • Login or register to post comments
  • Printer friendly version
Syndicate content
© 2005-2008 LIFT lab Sarl, 13 rue Charles Giron, CH-1203 Geneva.
If you have any question or comment contact us!
  • jeju_gov_60h.gif
  • Jeju-university-new.jpg
  • alpict_60pxh.jpg
  • wattwatt.jpg
  • daum_60px_height.gif
  • jeju_ka_60h.gif
  • nabi_60pxh.jpg